La théorie que le LDL-C s’accumule derrière l’endothélium d’une artère semble faire l’unanimité (enfin, pas tout à fait…) au niveau des chercheurs en nutrition et en médecine.
Il y a pourtant certaines études qui nous permettent de se poser des questions. D’une part, comment expliquer ces différents papiers (un, deux, trois, quatre, cinq) qui n’ont trouvé aucune relation, lors d’autopsie, entre le taux de cholestérol sanguin et le niveau d’athérosclérose?
Ensuite, comment expliquer que certaines études, en utilisant les oméga-3, réduisent le risque de mortalité par maladies cardiovasculaires malgré une augmentation du niveau de LDL-C?
Comment expliquer que dans la Women Health Study, 46% des premiers infarctus sont survenus chez des femmes possédant un taux de LDL-C ’’sécuritaire’’ selon les normes de la National Cholesterol Education Program.
Finalement, que dire des résultats de cette étude, qui montrent clairement qu’il n’y a aucun lien entre le cholestérol total et l’incidence de myopathie chez plusieurs populations?
Clairement, il y a d’autres facteurs à l’œuvre.
C’est vers la fin des années 1970 qu’une pièce majeure du casse-tête à finalement été découverte : le rôle de l’oxydation du cholestérol dans l’apparition de l’athérosclérose.
Lorsqu’il y un dommage à l’artère causé par plusieurs facteur, dont l’oxydation du cholestérol lui-même, des monocytes commencent à se glisser dans la lésion et un processus inflammatoire s’entame. L’oxidation du LDL-C stimule l’expression génétique de ces monocytes qui deviennent éventuellement des macrophages et ultimement des cellules spumeuses. Ces macrophages absorbent de plus en plus de cholestérol oxydé – mais ils le font par des récepteurs ‘’scavenger’’ (CD36 et SR-A) et non pas par les récepteur régulier du LDL-C. Chez de souris qui ont autant de LDL-C mais dont les macrophages n’ont pas ces récepteurs, il y a 70% moins d’athérosclérose. Il y a un boucle ‘’rétro-action’’ au niveau du métabolisme du cholestérol qui empêchent le LDL-C d’être absorbé par ses propres récepteurs. C’est pourquoi il est impossible que des molécules de LDL-C s’accumulent dans les cellules spumeuses. Toutefois, les récepteurs ‘’scavenger’’ n’ont aucune boucle rétroactive et l’accumulation des molécules de LDL-C oxydées peut se faire à virtuellement à l’infini.
L’oxydation du LDL-C exacerbe le mécanisme inflammatoire déjà en place et y attire d’autres cellules, comme des lymphocytes T qui tentent de combattre l’inflammation. Il augmente également les processus où les lymphocytes T, les cellules spumeuses, les cellules musculaires lisses et les cellules endothéliales diminue la production de collagène et en augmente la dégradation, conduisant finalement à la rupture de la plaque fibreuse.
L’oxydation du LDL-C diminue la production d’oxyde nitrique, un gaz qui protège les LDL-C de l’oxydation, qui augmente la circulation sanguine, qui diminue l’adhésion des monocytes sur l’endothélium et qui diminue la coagulation sanguine.
Dans une étude comparant la prédiction des maladies cardiovasculaires par l’oxydation du cholestérol versus les marqueurs de risque traditionnelles (cholestérol total, HDL-C, triglycéride, diabète, fumeur, tension artérielle,) l’oxydation du LDL-C prédisait à 82% alors que les marqueurs traditionnels prédisaient à 49%.
Dans cette étude, les patients avec un haut taux de LDL-C oxydé avaient 4.25 plus de chance de souffrir d’une crise cardiaque que ceux avec un bas taux de LDL-C oxydé.
Chez des patients avec le syndrome métabolique, plus le cholestérol est oxydé, plus il y a de risque de maladie cardiovasculaire.
Dans cette étude, chez des Belges âgés, l’oxydation du cholestérol était fortement corrélée avec les myopathies et il n’y avait aucun lien entre le taux de LDL-C sanguin et l’oxydation du LDL-C.
Chez des Japonais subissant une ablation de la plaque par chirurgie, le niveau de LDL-C oxydé était fortement corrélé avec l’avancement des plaques et aussi avec la susceptibilité des plaques de se rupturer. Il n’y avait, encore une fois, aucun lien entre l’oxydation du LDL-C et le nombre de LDL-C total.
Alors que l’hypothèse du LDL-C laisse beaucoup d’observations contradictoires sans réponse, l’hypothèse de l’oxydation du LDL-C permet de répondre à la plupart de ces observations. L’oxydation du LDL-C est clairement impliquée dans tous les stades du développement de l’athérosclérose, ce qui n’est pas le cas du LDL-C.
Évidemment, il n’est probablement pas avantageux d’avoir un haut taux de LDL-C en circulation puisque plus il en circule, plus il doit attendre avant d’être utilisé par les récepteurs et plus il a de chance d’être oxydé. Il est toutefois très important de pouvoir faire la distinction. Le cholestérol oxydé est transporté par des Lipoprotéines(a). Il est clair que cette mesure devrait faire partie de toute investigation médicale. Cela a également d’autres implications particulières : le LDL-C se sous divise en plusieurs fractions, dont certains sont beaucoup plus à risque d’oxydation que d’autres. Ce que nous mangeons à un rôle primordial sur la sous-division du cholestérol et sur sa tendance à s’oxyder.
Mais ça, c’est pour la prochaine fois!

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire